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Lettre de Lizzie aux trois fillettes, le 26 juillet 1945

À une époque où internet n’existe pas, Lizzie essaye de dresser un compte-rendu le plus exhaustif possible de ce qui se passe à Charlesbourg, tant chez elle que chez oncle David, qui fait face à des difficultés financières et professionnelles sérieuses. Elle exhorte les fillettes à mettre l’épaule à la roue chez tante Françoise. Et les remercie du cadeau qu’elles lui ont offert pour son anniversaire.

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« Charlesbourg 26 juillet 1945
Mes chères petites filles

C’est avec plaisir que j’accuse réception de vos lettres si affectueuses reçues à l’occasion de mon 70e. Merci, chères enfants, car lorsque comme (illisible) les années qui suivront seront peut-être la fin de ma carrière, je puis vous assurer d’une chose, c’est que tout témoignage d’affection est bien sensible pour le cœur d’une grand’maman. Merci pour les gants reçus hier, ils sont très beaux.
Comment va mon petit Hubert? Espérons que tout va pour le mieux. Dites-lui que grand’maman ne l’oublie pas et sera toujours contente de le revoir.
Nul doute que vos vacances se passent agréablement, ce dont je suis fort contente pour vous trois, puisque c’est le seul plaisir que vous aurez goûté depuis la mort de votre chère maman trop tôt partie. J’espère que vous vous rendez utiles pour votre tante, et que chacune s’acquittera de sa petite besogne. Michelle n’a pas été malade? Chère petite, je suis contente qu’elle s’amuse beaucoup. Andrée s’est payé le luxe d’une indigestion? Ça va mieux maintenant? Son amie Monique lui a téléphoné tantôt.
Marie a-t-elle hâte d’entrer dans son beau couvent? Je serais bien contente ma petite Charlotte si tu avais le même privilège. À toi de faire une forte pression auprès de ton père. La Mère St-Didace ne revient plus, remplacée par M. Marie des (illisible) Grâce (Hélène Lajoie), la sœur de Mme Émile Trépanier que ton oncle Lucien connaît.
Maintenant parlons de Jean, qui malheureusement ne fera pas de voyage cet été, et pour cause. Il a été froissé de ne pas recevoir de lettres à l’occasion de sa fête. Pour le consoler, je l’ai emmené souper chez l’oncle David en reconduisant Danielle. Nous sommes remontés à 9 ½ heures, il a bien aimé son voyage.
Aujourd’hui, Thérèse a voulu l’emmener avec elle à la ville, mais cela ne le tentait pas. Thérèse arrive, fatiguée de ne rien trouver, pas même une paire de souliers. Chez l’oncle David sont toujours dans l’anxiété, c’est le règlement nouveau concernant les loyers qui leur donne l’espoir de rester, bien que le ménage de la propriétaire soit rendu.
Dites à ma tante et à mon oncle que j’ai reçu les souhaits de bonne fête et que j’écrirai au début de la semaine pour les remercier. Votre père doit arriver demain, il vous écrira j’imagine pour vous dire si c’est lui qui vient vous chercher, mais tout de même je ne le crois pas.
Ma tante Lisette et tante Thérèse vous souhaitent beaucoup de plaisirs. Soyez prévenantes et polies. Jean arrive, il me charge de vous dire toutes sortes de bonnes choses, à Charlotte et Andrée, « bonjour », et un gros merci à Michelle pour son cadre et ses images.
Ma lettre est pour vous quatre, encore une fois merci, un gros bec à Hubert. Affections à ma tante on oncle Lucien à qui j’écrirai.

Bonjour, à bientôt j’espère.

Grand-maman. »

Source : Archives familiales

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